A quoi sert la vision périphérique ?

Le matériel de eyetracking permet de voir ce que les utilisateurs ont regardé, mais pas ce qu’ils ont vu !

Cette semaine je t’emmène à la découverte de la réponse à la question suivante : “Comment le cerveau choisit-il d’envoyer l’œil d’un endroit vers un autre?”

Tu lis bien ! C’est le cerveau qui pilote l’œil pour aller chercher les informations dont il a besoin pour résoudre une tâche.

Le modèle mental

Lorsque l’utilisateur arrive sur une interface, il a constitué ce que l’on appelle un modèle mental, sorte de carte contenant la tâche à réaliser, les informations qu’il connaît déjà sur le sujet, les expériences et interfaces qu’il a déjà visitées…

L’administrateur central (centre de réflexion de notre cerveau) a la charge de ce modèle mental. Pour résoudre la tâche demandée, le cerveau va donc devoir capter des informations se trouvant en-dehors du cerveau par l’intermédiaire de la vision.

Le cerveau va donc piloter les yeux pour l’alimenter en données. Ce pilotage va se faire sur l’interface web proposée.

La vision fovéale

L’œil est constitué de cônes et de bâtonnets. La répartition de ces capteurs sur la rétine fait que l’œil est capable de capter des informations nettes dans un angle de 3°.

A 50 cm de distance d’un écran (moyenne observée en ergonomie physiologique), la zone nette de vision représente un rond de +/- 2,5 cm de diamètre : c’est la vision fovéale.

La vision périphérique

A partir de ce rond, l’acuité va diminuer au fur et à mesure que l’on s’écarte de ce point, cela se traduit par une vision de plus en plus floue : c’est la vision périphérique.

La forme de la vision a elle aussi une forme particulière.

Visual Binocular Field

Le cerveau n’a pas besoin de voir tout son environnement avec une acuité de 100 % pour en analyser les composants.

Par exemple : pour l’instant tu lis cet article. Sans bouger ton œil de ton écran, tu peux facilement évaluer les éléments qui t’entourent dans la pièce dans laquelle tu te trouves. Ils seront flous mais tu peux les nommer.

C’est ta vision périphérique que tu viens d’utiliser.

Si tu souhaites avoir les détails précis d’un objet, tu peux bouger ton œil vers cet objet. Dans ce cas, c’est ta vision fovéale que tu utilises.

Sur une interface, c’est la même chose. Le cerveau repère les composants graphiques avec la vision périphérique. Dès qu’il souhaite avoir une information plus précise, il oriente l’œil vers la zone pour en extraire le contenu avec une acuité maximale à l’aide de la vision fovéale.

Le cerveau souhaite réaliser une tâche. Pour cela, il a une idée de la manière d’y arriver avec le modèle mental. Donc lorsqu’il arrive sur une interface, il va piloter l’œil pour aller chercher des informations dont il pense avoir besoin. 

L’oeil va donc :

  1. s’arrêter pour prendre des informations : les fixations
     
  2. bouger d’une coordonnées x,y vers une autre : les saccades

Le trajet oculaire est donc composé d’une série de fixations et de saccades. Le trajet oculaire ne couvre jamais l’entièreté d’une interface. Cela veut dire que le cerveau va choisir de mettre un certain effort pour trouver l’information dont il a besoin au sein de l’interface. 

C’est là que le problème commence. En effet, avant d’envoyer l’œil, il va d’abord, de manière non-consciente pour l’utilisateur, essayer de retirer un maximum d’informations en vision périphérique. Or, comme la vision périphérique est floue, le cerveau va plutôt déduire qu’analyser en détail chaque zone. 

Qu’arrive-t-il lorsque vous avez placé un élément de navigation qui ressemble plutôt à un banner publicitaire? Le cerveau ne va pas envoyer l’œil à cet endroit pour chercher une navigation!

Que se passe-t-il si un composant important de votre interface ne se voit pas en vision périphérique ? Le cerveau ne sait pas orienter la vision fovéale pour en saisir le contenu.

Voici un exemple avec le site de Publicis

PeripheralVision-Publicis

 

  1. Fixe ton oeil (ta vision fovéale) sur la lettre “O” du mot “Work” à gauche de l’interface. Sans bouger tes yeux, essaie de voir si tu arrives à reconnaître les logos qui se trouvent à droite de l’interface.
     
  2. Maintenant fixe ton œil sur le logo “Coca-Cola” à droite de l’interface. Sans bouger tes yeux, essaie de lire le titre à gauche de l’interface.

Voici ce que ton cerveau a reçu en fixant la lettre “O” du mot “Work” à gauche de l’interface.

PeripheralVision-Publicis

Voici ce que ton cerveau a reçu en fixant le logo “Ikea” à droite de l’interface.

PeripheralVision-Publicis

Dans cette interface, on oblige les utilisateurs a faire de longues saccades pour chercher l’info et la lier dans le cerveau.

Simplement en changeant l’emplacement du titre, on évite des trajets oculaires inutiles.

PeripheralVision-Publicis

Voici maintenant ce que ton cerveau a reçu en fixant la lettre “O” du mot “Work”.

PeripheralVision-Publicis

Voici ce que ton cerveau a reçu en fixant le logo “Ikea ” à droite de l’interface.

PeripheralVision-Publicis

Lorsqu’un expert construit des interfaces, il le fait en tenant entre autre compte de ces données. En effet, toutes les techniques développées par Netway visent à générer des comportements oculaires précis afin de s’assurer que l’expérience utilisateurs soit optimale.

Je te propose d’essayer de travailler un écran avec ces techniques.

Passe une excellente semaine.

N’hésites pas à partager ce contenu avec des amis ou collègues si tu penses que cela peut les intéresser. Un grand merci.

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