Eyetracking : outil pour convaincre ou outil d’expert?

Le “eyetracking” fait partie d’un panel d’outils de tests utilisateurs permettant d’analyser de nombreux indicateurs sur le fonctionnement du système visuel des utilisateurs.

Il existe beaucoup de controverses autour de cette technique et je souhaite éclaircir certains points. 

Commençons par préciser le fonctionnement d’un tel matériel :

  1. les données enregistrées par un matériel de eyetracking sont simplement la position x,y et le diamètre de la pupille récoltés à une fréquence régulière. A la fin d’un enregistrement, vous avez simplement une série de coordonnées x,y auxquels correspondent un diamètre pupillaire. Ces données brutes renseignent sur le chemin réel emprunté par les yeux d’un utilisateur mais ne permettent pas d’inférer un comportement.
     
  2. sur base de ces données brutes, des algorithmes analysent les différents points x,y pour en extraire ce que l’on nomme les “fixations oculaires”. Une fixation est composée d’un certains nombre de points bruts enregistrés par le matériel de eyetracking. La durée de la fixation est obtenue, en simplifiant, par le nombre de points x,y étant proches les uns des autres.
     
  3. Après le traitement des données, des logiciels permettent d’analyser ces dernières selon plusieurs angles de vue. 

Et c’est là que le bât blesse. Les gens qui ne maîtrise pas les fondamentaux sur le système visuel et son utilité dans un comportement global, se contentent d’analyser des points qui bougent sur un écran ou des nuages de points représentant la moyenne des visualisations des utilisateurs.

J’ai lu sur un post traitant de Usability la parole suivante, qui malheureusement est monnaie courante :

“… je dois bien avouer que j’en ai découvert autant en observant les testeurs qu’en analysant les résultats de eye-tracking (si pas plus, en fait. Mais c’est peut-être lié à mon inexpérience relative?). Par contre, les “heatmaps” (représentation par zones de chaleur des zones sur lesquelles les utilisateurs se sont attardées) apportent un plus indéniable dans l’argumentation. Face à un interlocuteur borné, elles m’aideront à défendre le point de vue de la usability de manière irréfutable.” (source : http://www.expressions.be/2007/10/07/tobii-eye-tracking-test/)

Ce genre de remarque reflète un manque de connaissance sur les fondamentaux du système visuel. Ce qu’il y a de dommage, c’est qu’en faisant cela les gens passent à côté d’un outil précieux sans s’en rendre compte et pire, utilisent du matériel pour imposer leur manière de penser sous une couche “crois-moi, c’est scientifique”.

En connaissant les fondamentaux sur le comportement humain, l’eyetracking, couplé avec d’autres techniques, permet entre autre :

  • de visualiser les patterns d’hésitations entre différents mots d’une navigation
  • de détecter s’il y a lecture ou non d’un mot ou d’un texte
  • de dégager la charge cognitive engendrée par chaque composant de l’interface
  • de mesurer dans le temps la découverte des différentes zones de l’interface
  • de mesurer les écarts entre le chemin oculaire prévu par l’expert et ceux empruntés par les utlisateurs
  • de savoir jusque dans quel lobe du cerveau l’information captée par les yeux a été analysée

Toutes ces données, consolidées avec d’autres indicateurs comportementaux, permettent de modifier les interfaces de manière très précises et avoir beaucoup d’objectivité.

En 10 ans d’utilisation de matériel de eyetracking, nous avons développé plus de 50 indicateurs clés et notre propre logiciel d’analyse des données oculaires afin de combler les manques du marché.

Simplifyinginterfaces-Keypoints-eyetracking-to…or-expert-tool